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COMMENT BIEN CHOISIR SON ANCRE DE BATEAU ?

Plaisance Mouillage

Comment bien choisir son ancre de bateau ?

Guide d'achat - Août 2026

L'ancre reste l'un des équipements de sécurité les plus sollicités à bord : elle vous permet de stabiliser votre bateau au mouillage, de patienter en cas d'avarie moteur ou d'attendre les secours en toute sérénité. Son efficacité ne repose plus uniquement sur son poids : la forme et l'alliage entrent aujourd'hui pleinement en compte dans le choix. Ce guide vous aide à choisir le type d'ancre adapté à votre navigation, à dimensionner correctement votre chaîne et votre cordage, et à mouiller dans les règles de l'art.

Bateau au mouillage

Dans cet article

  1. L'essentiel : un équipement de sécurité avant tout

  2. Les différents types d'ancre

  3. Quel poids d'ancre pour la taille de votre bateau ?

  4. Chaîne et cordage : bien dimensionner sa ligne de mouillage

  5. La réglementation : la ligne de mouillage est-elle obligatoire ?

  6. Bien mouiller : la manœuvre pas à pas

  7. Vent fort ou mouillage encombré : affourcher, empenneler, oringuer

  8. Relever l'ancre : la bonne méthode

  9. Erreurs à éviter

  10. Checklist avant de partir au mouillage

  11. FAQ

1. L'essentiel : un équipement de sécurité avant tout

La réglementation ne rend pas l'ancre obligatoire pour tous les bateaux (voir la section réglementation ci-dessous), mais elle doit être considérée comme un véritable élément de sécurité, au même titre qu'un gilet de sauvetage ou une pompe de cale. Elle vous permet de stopper votre dérive en cas de panne moteur, de réparer une avarie en mer sans être poussé par le vent ou le courant, ou d'attendre les secours en toute stabilité.

Il existe plusieurs types d'ancre selon votre type de navigation, votre embarcation et votre budget. Le meilleur choix dépend avant tout de la nature du fond sur lequel vous mouillez le plus souvent.

✓ Bon à savoir :

Même lorsqu'elle n'est pas exigée réglementairement à bord de votre bateau, une ligne de mouillage adaptée reste vivement conseillée dès que vous naviguez au-delà d'un abri.

2. Les différents types d'ancre : lequel choisir selon votre fond de mouillage

Il n'existe pas d'ancre universelle : chaque type d'ancre est conçu pour un usage et une nature de fond précis. Voici les quatre familles que vous rencontrerez le plus couramment.

Type d'ancreFond adaptéUsage principalPoints fortsLimites
Ancre plateSable fin, vaseMouillage occasionnelPeu onéreuse, facile à ranger dans le davierTient mal sur roche ou algues, peut labourer le fond en cas de fort courant, ne se replante pas toujours après un décrochage
Ancre charrue (type Delta, CQR)Sable, vase, et la plupart des fondsMouillage principal, classique ou d'urgencePolyvalente, se replante généralement après un décrochagePlus volumineuse, remontée au davier d'étrave
Ancre moderne à forte tenueSable, vase et fonds variés selon le modèleMouillage principal, croisièreExcellente capacité d'enfouissement et forte tenue à poids comparable, bonne capacité à se replanterPrix généralement plus élevé, encombrement et compatibilité avec le davier à vérifier
Ancre grappinFonds recouverts d'algues ou de rochesAnnexe, pêche, mouillage secondaireLégère, pliable, facile à stockerTenue faible, non adaptée à un mouillage principal sur un bateau habité

✓ À ne pas confondre : l'ancre flottante.

Contrairement à une ancre classique, l'ancre flottante ne s'accroche pas au fond. Déployée dans l'eau, elle crée une forte traînée qui permet de ralentir la dérive et de stabiliser l'embarcation dans certaines situations. Elle ne remplace donc pas une ligne de mouillage classique.

✓ Notre conseil :

Si vous mouillez régulièrement sur des fonds variés, privilégiez une ancre principale polyvalente adaptée au déplacement de votre bateau et prévoyez une seconde ligne de mouillage. Une ancre secondaire peut également être utile pour certaines manœuvres ou comme solution de secours.

Vue comparative des quatre types d'ancre (plate, charrue Delta, grappin, flottante) présentées côte à côte

3. Quel poids d'ancre pour la taille de votre bateau ?

Grâce aux progrès de conception, le poids n'est plus l'unique critère de choix : la forme et l'alliage jouent aussi un rôle important dans la tenue. Le tableau ci-dessous vous donne un ordre de grandeur du poids d'ancre habituellement recommandé en fonction de la longueur du bateau.

✓ Important !

Ce tableau est un repère indicatif, pas une règle absolue. Le poids réel dépend aussi du déplacement du bateau — et pas seulement de sa longueur —, du type d'ancre choisi et de l'alliage utilisé. Deux bateaux de même longueur mais de déplacement très différent n'ont pas besoin de la même ancre. Référez-vous toujours au tableau du fabricant de l'ancre retenue avant l'achat, et en cas de doute, choisissez la taille immédiatement supérieure plutôt que l'inférieure.

Type de bateauOrdre de grandeur indicatif du poids d'une ancre traditionnelle (kg)
Kayak / annexe2
Jusqu'à 4 m3,5
5,50 m6
6,50 m8
7,85 m10
9 m12
10,50 m14
12,50 m16
16 m20
18 m24
20 m34
25 m40
Plus de 25 m60

4. Chaîne et cordage : bien dimensionner sa ligne de mouillage

Le diamètre de chaîne se choisit généralement en fonction de la longueur du bateau. Les repères suivants sont couramment retenus par les revendeurs spécialisés :

✓ Bon à savoir :

Ces diamètres sont des repères commerciaux, pas une norme officielle. Ils ne remplacent pas les préconisations du fabricant de votre guindeau, ni la plaque signalétique ou le manuel du propriétaire de votre bateau.

Longueur du bateauDiamètre de chaîne généralement utilisé
Moins de 10 m8 mm
De 10 à 12 m10 mm
Plus de 12 m12 mm

✓ Attention :

Si votre bateau est équipé d'un guindeau, ne choisissez pas la chaîne uniquement selon son diamètre. Son calibrage doit également être compatible avec le barbotin du guindeau. Vérifiez impérativement les préconisations du fabricant.

Côté longueur, la quantité totale de chaîne et de câblot embarquée doit être adaptée aux profondeurs rencontrées dans vos zones de navigation et aux conditions dans lesquelles vous prévoyez de mouiller. Attention à ne pas confondre la longueur totale embarquée avec la longueur à filer au moment du mouillage, qui dépend notamment de la hauteur d'eau et des conditions rencontrées.

Privilégiez une chaîne en acier galvanisé, plus résistante à la corrosion. Pour le cordage (câblot) qui prolonge la chaîne ou fait office de deuxième ligne, deux matières se partagent le marché : le polyamide, généralement privilégié pour sa forte élasticité qui absorbe bien les à-coups de tension, et le polyester, moins élastique mais plus résistant aux UV et aux agents chimiques marins — souvent préféré pour un mouillage de longue durée ou une amarre fixe.

5. La réglementation : la ligne de mouillage est-elle obligatoire ?

Tout navire de plaisance doit disposer à son bord d'une ligne de mouillage appropriée au navire et à la zone de navigation. Cette obligation, fixée par la Division 240 (arrêté du 23 novembre 1987 modifié, article 240-2.03), souffre toutefois d'exemptions précises, sous la responsabilité du chef de bord :

  • les navires à voile dont le déplacement lège est inférieur à 250 kg ;

  • les navires motorisés dont le déplacement lège est inférieur à 250 kg et dont la puissance propulsive est inférieure ou égale à 4,5 kW (6,1 ch) ;

  • les véhicules nautiques à moteur (VNM).

En dehors de ces cas de dispense, une ligne de mouillage appropriée au navire et à la zone de navigation est obligatoire à bord.

✓ Important !

Cette dispense dépend du déplacement lège du bateau et, pour les bateaux à moteur, de sa puissance propulsive — pas du nombre de personnes embarquées.

Les dispositifs de mouillage à embarquer sont par ailleurs dimensionnés en fonction de la taille du navire et de sa catégorie de conception CE : ces informations figurent dans le manuel du propriétaire de votre bateau.

6. Bien mouiller : la manœuvre pas à pas

Mouiller consiste à immobiliser son bateau à l'aide de son ancre. Quelques repères pour un mouillage réussi :

  • Choisissez une zone abritée, en tenant compte de la météo prévue et de la nature du fond (évitez les herbiers de posidonie, protégés et peu tenaces).

  • Filez une longueur de ligne adaptée à la hauteur d'eau totale, en tenant compte de la profondeur, du marnage et de la hauteur du point d'amarrage au-dessus de l'eau. Avec une ligne majoritairement ou entièrement en chaîne et par conditions calmes, un rapport d'environ 3 à 5 fois cette hauteur constitue un repère courant. Augmentez la longueur lorsque le vent, la houle ou le courant se renforcent. Avec une ligne mixte chaîne + câblot, une longueur supérieure peut être nécessaire.

  • Pour les bateaux pratiquant la croisière comme pour les day-boats, il est recommandé d'avoir à bord deux lignes de mouillage : une ligne principale et une ligne secondaire, utile en cas de mouillage d'urgence ou de problème sur la première ligne.

  • Dans un mouillage fréquenté, adaptez votre position et la longueur de ligne afin de conserver un rayon d'évitage compatible avec celui des bateaux voisins, sans réduire excessivement la longueur nécessaire à la bonne tenue de l'ancre.

Schéma en coupe montrant un bateau au mouillage avec la profondeur, la hauteur du point d'amarrage et l'angle de tire de l'ancre

7. Vent fort ou mouillage encombré : affourcher, empenneler, oringuer

En cas de fort vent ou d'espace restreint, deux techniques à deux ancres existent — elles ne répondent pas au même besoin :

  • Affourcher consiste à mouiller deux ancres formant un V devant le bateau (angle généralement compris entre 60° et 120°). Cette technique réduit surtout le rayon d'évitage du bateau, ce qui est utile dans un mouillage encombré ; elle n'améliore pas nécessairement la tenue par gros temps, car les deux ancres travaillent plutôt l'une après l'autre qu'ensemble.

  • Empenneler consiste à mouiller deux ancres l'une derrière l'autre, sur la même ligne. Cette technique vise à renforcer la tenue face à un vent fort venant d'une direction stable. L'empennelage doit être préparé avec soin afin que les deux ancres et la ligne travaillent correctement ensemble. La compatibilité des ancres, leur espacement et la méthode de relevage doivent être anticipés avant la manœuvre.Certains plaisanciers expérimentés considèrent toutefois cette technique délicate à remonter et moins fiable avec les ancres modernes à haute performance : à réserver aux cas où la manœuvre de mouillage et de relevage a été anticipée.

Si vous mouillez dans un endroit encombré ou sur un fond où l'ancre risque de se bloquer, vous pouvez oringuer : frapper un bout sur le diamant de l'ancre (l'orin) pour pouvoir la dégager en tirant dessus si elle reste accrochée. Calculez bien la longueur de ce bout pour ne pas décrocher l'ancre en le tendant excessivement.

✓ Le bon réflexe :

Ne laissez jamais la tension de la ligne de mouillage reprise uniquement sur le barbotin du guindeau, qui n'est pas conçu pour l'encaisser durablement. Frappez toujours la chaîne sur un taquet dédié.

8. Relever l'ancre : la bonne méthode

  1. Préparez-vous à faire route et mettez le moteur en marche.

  2. Avancez lentement vers l'ancre tout en récupérant progressivement la chaîne, sans utiliser le guindeau pour tracter le bateau.

  3. Une fois le bateau à l'aplomb de l'ancre, reprenez la chaîne verticalement pour déchausser l'ancre du fond. Si elle reste bloquée, modifiez prudemment l'angle de traction avec le bateau, sans forcer sur le guindeau.

  4. Nettoyez et fixez la ligne de mouillage avant de la ranger.

9. Erreurs à éviter

1

Choisir le poids de l'ancre uniquement sur la longueur du bateau, sans tenir compte de son déplacement réel

2

Naviguer en croisière sans seconde ligne de mouillage de secours

3

Mouiller sur un herbier de posidonie ou une zone protégée sans vérifier la réglementation locale

4

Laisser la tension de la chaîne reposer sur le barbotin du guindeau plutôt que sur un taquet

5

Quitter le mouillage sans avoir vérifié que l'ancre a correctement croché et que le bateau ne chasse pas

6

Calculer la longueur de ligne à filer sans tenir compte de la profondeur, du marnage, de la hauteur du point d'amarrage et des conditions météo

10. Checklist avant de partir au mouillage

#Point à vérifierValidation
1Ligne de mouillage appropriée à bord (ancre + chaîne + cordage), sauf cas de dispense réglementaire
2Type et poids d'ancre adaptés à mon déplacement réel, pas seulement à la longueur de mon bateau
3Chaîne au diamètre et au calibrage adaptés au bateau et, le cas échéant, au barbotin du guindeau, et en bon état
4Deuxième ligne de mouillage à bord si navigation en croisière ou day-boat
5Taquet dédié pour reprendre la tension (jamais le barbotin du guindeau)
6Moyen de connaître les heures et coefficients de marée du jour et de la zone considérée lorsque cela est nécessaire (non requis en Méditerranée)
7Zone de mouillage repérée à l'abri, hors herbiers protégés

11. FAQ

Quelle est la meilleure ancre pour un mouillage occasionnel ?

Pour un mouillage occasionnel sur sable fin ou vase, l'ancre plate est généralement suffisante et économique. Pour un mouillage plus polyvalent ou plus fréquent, une ancre charrue type Delta tient sur davantage de fonds et se replante plus facilement après un décrochage.

Faut-il une ancre différente pour une annexe ?

Pour une annexe, une petite ancre légère et facile à stocker peut convenir à un mouillage temporaire, à condition qu'elle soit adaptée au poids de l'embarcation et à la nature du fond. Le grappin est compact et pratique sur certains fonds, mais il n'est pas universel et sa tenue peut être limitée.

L'ancre est-elle obligatoire sur tous les bateaux ?

Non. Une ligne de mouillage appropriée au navire et à la zone de navigation est obligatoire pour la plupart des navires de plaisance. Peuvent notamment en être dispensés, sous la responsabilité du chef de bord, les navires à voile de déplacement lège inférieur à 250 kg, les navires motorisés de déplacement lège inférieur à 250 kg dont la puissance propulsive est inférieure ou égale à 4,5 kW (6,1 ch), ainsi que les véhicules nautiques à moteur (VNM).

Quelle longueur de chaîne filer au mouillage ?

La longueur à filer dépend de la hauteur d'eau totale, du type de ligne de mouillage et des conditions de vent, de courant et de houle. Avec une ligne majoritairement ou entièrement en chaîne et par conditions calmes, un rapport d'environ 3 à 5 fois la hauteur totale constitue un repère courant. Cette hauteur doit tenir compte de la profondeur, du marnage et de la hauteur du point d'amarrage au-dessus de l'eau. Augmentez la longueur lorsque les conditions se renforcent.

Peut-on remplacer la chaîne par un simple cordage ?

Un cordage seul est possible sur de petites embarcations légères, mais la chaîne reste préférable dès que le bateau prend du poids : elle résiste au ragage sur le fond et abaisse l'angle de tire, ce qui améliore la tenue de l'ancre. La solution la plus courante reste un mouillage mixte : chaîne près de l'ancre, prolongée par un câblot.

Qu'est-ce qu'affourcher et empenneler, et quand les utiliser ?

Affourcher consiste à mouiller deux ancres en V pour réduire le rayon d'évitage dans un mouillage encombré. Empenneler consiste à mouiller deux ancres l'une derrière l'autre pour renforcer la tenue face à un vent fort et stable en direction. Ce sont deux techniques distinctes, à ne pas confondre.

Choisir son ancre, c'est avant tout adapter le type, le poids et la longueur de chaîne à votre bateau et à vos zones de navigation habituelles. En cas de doute entre deux modèles, mieux vaut privilégier la solution la plus polyvalente et la taille immédiatement supérieure.

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